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Chapitre 5 :
LES TECHNIQUES IMMUNOLOGIQUES.
I\ Les Ac monoclonaux.

L’adjuvant de Freund :
On récupère ces Lb qui donnent un Ac monoclonal. On va ensuite
injecter dans une souris la protéine X d’un myélum. On récupérera
ensuite la rate et les ganglions. On va obtenir des Lb dont on va faire fusionner
les membranes grâce à du PolyEthylènGlycol.
On obtient alors un hybridome à qui l’on va faire subir une dilution
limitée. Après cette phase, on récupère les Lb et
les cellules hybrides. On les place ensuite dans trois milieux différents
:

Les acides aminés sont utilisés pour les synthèses d’ADN
; on inhibe ces synthèses grâce à l’aminoptérine.
On peut avoir des voies alternes de synthèses, comme l’hypoxanthine
qui, utilisée par l’enzyme HGPRT, peut donner les bases puriques
(A et G). La thymidine, associée à l’enzyme TK (thymidine
kinase), permet la synthèse des bases pyrimidiques (C, T et U). Pour
réaliser les fusions, on utilisera un myélum HGPRT- ou de nombreuses
cellules de cette qualité.
Le mélange contient de l’aminoptérine, de l’hypoxanthine
et de la thymidine : on appelle ce milieu, un milieu HAT.
On place les Ac récupérés dans des puits et après
vérification, on a toujours un Ac monoclonal.
II\ La réaction secondaire Ag/Ac.
A\ L’immunoprécipitation.
On a deux types de précipités
AgAc :
• Selon l’aspect qualitatif (présence ou non d’Ag,
d’Ac). Si on a suffisamment de précipité, on a la reconnaissance
de l’Ag. C’est une réaction rapide (quelques minutes). Il
faut toutefois une bonne quantité de sérum.

• Aspect quantitatif : c’est un phénomène de zone.
Cet aspect est étudié depuis 1933 par Heidelberg. On étudie
les différences entre les concentrations en Ag et en Ac. On fixe l’anti-sérum
(quantité fixe) et on fait varier la quantité d’Ag.

Zone 1 : on réalise
une augmentation progressive de la concentration en Ag.
Zone 2 : c’est une zone de stabilité.
Zone 3 : quand il a trop d’Ag, on a une diminution de la quantité
d’immunoprécipité.
Après l’étude du surnageant, on partage celui-ci en deux :

C’est la théorie des
réseaux de Marak donnée en 1934. On observe un précipité
car il y a la création d’agrégats moléculaires trop
gros qui ne sont plus solubles. Chaque Ac peut fixer deux Ag grâce à
leurs deux sites de fixation. On a un anti-sérum polyclonal car, si cet
anti-sérum est monoclonal, on ne peut pas avoir d’agrégats
et alors on ne peut pas avoir de précipité.

B\ Immunoprécipitation en milieu gélifié.
On peut voir la réaction
AgAc grâce à des dépôts de ces deux produits. On les
place dans des puits et on les laisse se diffuser dans le milieu où ils
se diluent. Quand ils se rencontrent, on voit les précipités au
niveau de leur lieu de formation (les précipités ont lieu quand
les deux produits sont en concentration adéquats : zone d’équivalence).
Evidemment, ces arcs apparaissent quand l’Ac reconnaît l’Ag
Il existe plusieurs types de diffusion :
- Réaction à diffusion simple : un seul des deux éléments
diffuse.
- Réaction à diffusion double : les deux diffusent.
- Technique à diffusion unidimensionnelle.
- Technique à diffusion bidimensionnelle.
La technique de Ouchterlöny est une étude des diffusions doubles et bidimensionnelles. C’est une observation d’un précipité. La diffusion est réalisée sur un gel d’Agarose (polysaccharides) extrait de l’Agar (algue du pacifique Agar-agar). Le gel mesure 1,5mm d’épaisseur. Celui-ci est percé de puits de 4 ou 5mm de diamètre. On obtient alors un précipité quand l’Ag et l’Ac se rencontrent et se reconnaissent en concentration voulue. Cette méthode est utilisée pour les études qualitatives.

C\ Immunocytolyse.
La lyse est réalisée
par les molécules du complément (protéines du sérum
; de C1 à C9). Leur fixation sur l’Ac est réalisée
une fois que cet Ac s’est fixé sur l’Ag. Le complément
se fixe sur la partie Fc des IgG seulement : c’est la voie classique d’activation
du complément. La lyse réalisée est dite «lyse complément
dépendante de l’Ag ».
La voie alterne est indépendante des Ac. Le complément est activé
par des morceaux de l’Ag et entraîne sa lyse.
La technique de fixation du complément (de déviation du complément)
est peu utilisée mais quand même… Cette méthode sert
à détecter un Ac contre un Ag précis dans un sérum.
On l’utilise dans le cas des maladies hémolytiques des bébés
(problème Rh+, Rh-). Quand le sang du bébé passe dans le
sang de la mère (si celle-ci n’a pas le même rhésus
; dans ce cas, elle est Rh-) qui va développer des Ac anti-Rh+. Ces Ac
vont passer le placenta et aller détruire les hématies du bébé
au lieu de protéger ce dernier. Cette méthode est alors utilisée
pour détecter les Ac indésirables.

D\ Immuno-agglutination.
Cette technique rejoint la méthode de précipitation et de cytolyse : c’est une agglutination de particules qui est le résultat d’une réaction d’Ac dirigés contre des Ag portés par cette particule. Le résultat est visible à l’œil nu.

Cette réaction est réalisée
par la formation d’un réseau.
Pour réaliser celui-ci, il faut diminuer les forces électrostatiques
de répulsion entre cellules. Si les cellules sont dans un milieu salin
à pH=7 (électriquement neutre), les cations se positionnent autour
de la cellule et donne le potentiel
qui sera ici un potentiel de cations.
On peut changer le potentiel salin : s’il y a moins de cations, les cellules
se rapprochent. On peut changer le pH, la viscosité du milieu. Pour avoir
une bonne agglutination, il faut diminuer
pour augmenter la force ionique du milieu. Pour cela, on ajoute du NaCl et on
utilise des tampons avec une grande force ionique.
Les différents types d’agglutinations : les particules utilisées sont souvent des cellules avec des Ag appartenant naturellement à leur membrane (par exemple, les globules rouges avec comme Ag les marqueurs du groupe sanguin). Les cellules utilisées sont souvent des hématies et des bactéries. C’est une recherche à l’envers : on connaît l’Ag et on cherche l’Ac.
1\ L’agglutination directe (l’Ag est naturellement porté par la particule).
On se place dans un milieu salin (NaCl à 9 pour mille). Les Ac mesurés
sont des IgM car celles-ci sont pentamériques et permettent donc de plus
gros agglutinats. Ces IgM sont chargées négativement et vont attirer
les cellules positivement chargées.
On se sert de l’agglutination directe pour la recherche des groupes sanguins.
Globules rouges

2\ Agglutination artificielle (ou indirect).
On a des IgG (qui ont deux sites de fixation, donc une moins grande capacité
pour la formation d’un réseau) et des de répulsion importante
entre cellules. On va donc utiliser des artifices pour diminuer les forces de
répulsion et donc, augmenter le réseau.
On utilise de la papaïne pour couper de nombreuses protéines situées
à la surface des membranes de globules rouges : on a une diminution des
forces de répulsion.
On ajoute des macromolécules qui par leur taille, vont encore diminuer
ces forces de répulsion.
On ajoutera ensuite, dans le sérum, des Ig anti-IgG afin d’augmenter
la taille du réseau.
Le test de Coombs sert à rechercher des IgG, obtenues par allo ou auto-immunisation,
dans un sérum. On met des hématies dans du sérum physiologique
et on essai de détecter les IgG (on se met en conditions salines pour
ne pas encore avoir la formation du réseau). On ajoute alors les anti-IgG
et on aura alors un possible réseau.
3\ Immuno-agglutination directe.

Dans le cas de la réaction globules rouges contre Ac, la première phase de réaction est déjà réalisée in vivo. On récupère les globules puis on les lave de leurs parasites. Grâce aux résultats, on peut donner un diagnostic médical.
4\ Immuno-agglutination indirecte.
C’est une recherche par des Ig de molécules non naturelles sur un globule rouge (par exemple, le latex se fixe très bien). On se sert de cette méthode pour rechercher des IgG libres.

5\ L’agglutination passive.
La particule ne possède
pas naturellement l’Ag : on lui fait subir une greffe chimique (remarque
: cette méthode est utile pour tester un Ag soluble). L’immuno-agglutination
est beaucoup plus sensible que l’immunoprécipitation.
La particule n’est pas directement impliquée dans l’agglutination.
Avec cette technique, on dose les facteurs rhumatoïdiques (anti IgM ou
G) qui sont dans le liquide synovial des gens atteints d’arthrite.
III\ La réaction primaire AgAc.
A\ L’immuno-fluorescence.
On a une visualisation de la réponse
grâce à un fluorochrome. Les fluorochromes sont des substances
qui, quand elles sont soumises à un rayon lumineux, deviennent instables
(passent à un état excité) et qui, pour revenir à
l’état fondamental, émettent une longueur d’onde différente
de la longueur d’onde absorbée (
émise >
absorbée).
• L’isothiocyanate de fluoriscine (ou FITC) absorbe à
=490nm
et émet à
=517nm
(vert).
• L’isothiocyanate de rhodamine absorbe à
=550nm
et émet à
=580nm
(rouge, orangé).
• La phycoérythrine est un autre fluorochrome.
La lecture est réalisée avec un microscope à fluorescence.
1\ Immuno-fluorescence directe.
Le fluorochrome est fixé à l’Ac qui reconnaît l’Ag que l’on veut trouver.

On bloque tous les sites où l’Ac peut se fixer de manière
non spécifique (on met beaucoup de lait écrémé,
de BSA, de protéines). On ajoute ensuite un Ac non spécifique
de sérum humain ou de veau fœtal mais en enlevant le complément.
2\ Immuno-fluorescence indirecte.
1ère réaction : avec un Ac1 spécifique à l’Ag mais non marqué.

On peut avoir un système
d’amplification (*2 ou *3).
C’est un avantage scientifique car l’immuno-fluorescence peut être
réalisée sur des cellules vivantes.
B\ Cytométrie de flux.
La cytométrie de flux est une méthode fiable de comptage de cellules vivantes.

Cette méthode de cytométrie de flux est utilisée en immunohistochimie pour l’étude des tissus et en immunocytochimie pour l’étude des cellules.

Selon le type de fluorochrome, on utilise différents types de laser et après le comptage on obtient le nombre de cellules fluorescentes. Le problème est que cette technique ne fonction pas sur les tissus. On peut faire des doubles ou des triples marquages.
Lb
CD 20 ; Lb
récepteurs
aux cytokines.


Grâce à cette étude, on connaît le nombre de cellules activées.

Pour étudier l’ADN, on utilise des fluorochromes comme l’iodure de propidium (uniquement sur des cellules mortes), le bromure d’éthidium (très toxique) et le hoescht 33342. Ce sont tous les trois des fluorochromes.

Cette technique peut-être utilisée sur des êtres vivants.
C\ Technique immuno-enzymatique.
Réaction principale : Substrat
(lame)
Substrat coloré
grâce à une réaction enzymatique.

La technique du test Elisa. Cette technique est composée de deux phases : une phase solide qui va réaliser la réaction enzymatique et une phase liquide qui ne possède pas de quoi réaliser cette réaction enzymatique.
1\ Elisa non compétitif direct.

Cette phase va être lavée, puis saturée en bouchant les espaces se trouvant entre les Ag grâce à des protéines comme l’albumine, les protéines du lait, par des Ac. On lavera une nouvelle fois, on rajoutera ensuite des anticorps portant une enzyme. Cette solution va être lavée puis on lui ajoutera le substrat qui donnera une coloration jaune si les Ac portant l’enzyme sont fixés sur les Ag. Dans cette technique, on ne maîtrise pas la quantité d’Ag fixé.
2\ Elisa non compétitif indirect (Elisa sandwich).

On rajoutera alors des Ac spécifiques à l’Ag testé qui seront associés à une enzyme. On lavera le tout, puis on ajoutera le substrat qui permettra la coloration s’il est en présence de l’Ac fixé à l’enzyme. Pour quantifier le tout, on effectuera une mesure de D.O.
3\ Elisa compétitive (méthode plus sensible que les compétitives).

Cette réaction a lieu entre un Ag en milieu solide et une phase liquide
contenant un double Ac (anti-sérum) et l’Ag à doser. On
mélange les deux phases, on ajoute ensuite un nouvel Ac portant une enzyme.
On lave toute la solution puis on rajoutera le substrat permettant de révéler
la réaction. On a donc deux types de résultats :
• Pas de coloration, donc pas de réaction enzymatique : les Ac
n'ont reconnu que les Ag provenant de la phase liquide.
• Il y a une coloration, donc une réaction enzymatique : les Ac
ont reconnu les Ag liquides et ceux de la phase solide.
Les aspects techniques :
• La fixation des Ag est réalisée sur une plaque spécialement
traitée pour fixer les protéines. Cette fixation est en général
réalisée par un tampon basique.
• Les étapes de lavage sont effectuées avec des tampons
contenant des détergeants doux qui permettent de retirer tout ce qui
est fixé de manière non-spécifique. Pendant le lavage,
on ajoute des protéines de saturation.
• Le conjugué : c’est un complexe entre un Ac ou un Ag et
une enzyme. On utilise la péroxydase du radis (raifort)
H2O2
H2O + ½ O2.
La phosphatase alcaline qui enlève les protéines si elle est en
milieu basique. Ces enzymes sont fixées de manière covalente grâce
au glutaraldéhyde qui forme un pont entre l’enzyme et l’Ac
ou l’Ag. Quand on doit fixer des sucres, on utilise le périodate
de sodium.
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